Marianne Brandt

La créatrice d’objets en métal du Bauhaus.
Marianne Brandt a été l’une des rares femmes de l’atelier de métal du Bauhaus. Sa théière et ses lampes sont devenues des classiques du modernisme.
Marianne Brandt est née en 1893 à Chemnitz, en Allemagne. Elle a étudié la peinture et la sculpture à l’école des beaux-arts de Weimar et a épousé en 1919 le peintre norvégien Erik Brandt. Le couple a vécu un temps en Norvège et à Paris. En 1924, elle est entrée au Bauhaus de Weimar.
Au Bauhaus, les femmes étaient le plus souvent orientées vers l’atelier de tissage, mais László Moholy-Nagy, qui dirigeait l’atelier de métal, l’a encouragée à travailler le métal. Selon ses propres souvenirs, les étudiants masculins ne l’ont pas bien accueillie au début. Dès 1924, elle a dessiné une petite théière en laiton et en argent, composée d’une demi-sphère, d’un cylindre et d’un cercle. Elle est considérée comme un classique, et des exemplaires se trouvent notamment au British Museum et au Museum of Modern Art de New York.
Elle est devenue l’une des créatrices les plus importantes de l’atelier de métal, dont elle a été la directrice par intérim en 1928–29. Avec d’autres, elle a mis au point des lampes destinées à la production en série, dont une lampe de chevet pour la société Körting & Mathiesen sous la marque Kandem, vendue en grandes quantités. Elle a aussi réalisé des photomontages et des photographies, parmi lesquels des autoportraits dans des surfaces métalliques réfléchissantes.
Après le Bauhaus, elle a travaillé brièvement à l’agence de Gropius, puis pour une fabrique d’articles en métal à Gotha. Sous le nazisme, elle est restée bloquée en Allemagne et a eu du mal à travailler. Après la guerre, elle a enseigné dans des écoles d’art à Dresde et à Berlin-Est. Elle est morte en 1983. Sa théière est aujourd’hui fabriquée en reproduction, et on la considère comme l’une des femmes les plus marquantes de l’histoire du Bauhaus.