Christopher Dresser

L’un des premiers designers industriels.
Christopher Dresser était botaniste et designer et s’est rendu au Japon en 1877. Ses théières et ses plats paraissent modernistes avec plusieurs décennies d’avance.
Christopher Dresser est né en 1834 à Glasgow. Dès treize ans, il est entré à l’école nationale de design de Londres, où il a été formé à l’art du motif. Il est aussi devenu un botaniste accompli et a enseigné cette discipline. Pour ses études botaniques, il a obtenu un doctorat de l’université d’Iéna vers 1860. Sa connaissance de la structure des plantes a marqué toute son œuvre de designer.
Dans les années 1860 et 1870, il a écrit des livres sur le design décoratif où il défendait des formes stylisées et géométriques plutôt qu’un décor naturaliste. En 1876–77, il s’est rendu au Japon, l’un des premiers designers européens à le faire. Il a visité des ateliers et aurait été envoyé comme représentant du gouvernement britannique avec des cadeaux pour un musée de Tokyo. En 1882, il a publié un livre sur l’architecture et les arts décoratifs japonais.
Dresser travaillait comme un designer industriel moderne. Au lieu de fabriquer lui-même les objets, il fournissait des dessins à de nombreuses manufactures : céramique pour Minton, Wedgwood et Linthorpe, entre autres, où il était directeur artistique, verre pour la série Clutha et objets en métal pour Elkington, James Dixon & Sons et Hukin & Heath. Fait rare à l’époque, son nom était souvent estampillé sur les objets.
Ses théières, pots et services en métal argenté des environs de 1880 sont ses œuvres les plus célèbres. Ils ont des formes anguleuses et géométriques, des rivets apparents et des anses droites, et ils étaient conçus pour être simples à fabriquer et faciles à utiliser. De nombreux spécialistes estiment qu’ils ressemblent à du modernisme trente ou quarante ans avant le Bauhaus. Il réfléchissait souvent à la quantité de matière nécessaire et à la manière dont le récipient verserait.
Dresser est mort en 1904 au cours d’un voyage à Mulhouse, en Alsace. En partie oublié au début du XXe siècle, il a été redécouvert par les collectionneurs et les chercheurs dans la seconde moitié du siècle. Le Victoria and Albert Museum de Londres lui a consacré une grande exposition en 2004. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des premiers designers industriels indépendants et comme l’un des premiers à transmettre la sensibilité formelle japonaise à l’Europe.