Frans Hals

Le maître de la touche rapide.
Frans Hals peignit des portraits à Haarlem avec une technique libre et rapide en avance de plusieurs siècles sur son temps. Ses modèles rient et respirent la vie.
Frans Hals naquit vers 1582-1583 à Anvers. Sa famille, protestante, partit vers le nord pour Haarlem après la prise d’Anvers par les troupes espagnoles en 1585. Il fut peut-être l’élève du peintre et écrivain Karel van Mander, mais rien n’est sûr. Il entra en 1610 dans la guilde des peintres de Haarlem et vécut dans cette ville jusqu’à la fin de ses jours.
La consécration vint en 1616 avec un grand portrait de groupe des officiers de la garde civique de Saint-Georges. Jusque-là, ces portraits étaient des rangées de visages figés. Hals montra les hommes lors d’un banquet, en pleine interaction. Il peignit plusieurs portraits de groupe de ce genre, dont la plupart se trouvent aujourd’hui au musée Frans Hals de Haarlem. Son portrait individuel le plus célèbre est Le Cavalier riant, de 1624, à la Wallace Collection de Londres. L’homme ne rit pas vraiment, mais il sourit d’un air assuré, presque provocant.
Hals peignait vite, à touches libres et visibles. Il posait la couleur directement sur la toile sans la lisser et, de loin, les touches se fondent en visages pleins de vie. Ses modèles rient, boivent, gesticulent et semblent saisis sur le vif. Il peignit aussi des figures populaires, comme la Malle Babbe riant de Berlin. Sa palette était souvent restreinte, avec de nombreuses nuances de noir.
Marié deux fois, il eut de nombreux enfants. Malgré le succès, il était souvent endetté et, dans sa vieillesse, il reçut une pension de la ville. Ses dernières grandes œuvres, les portraits de groupe des régents et des régentes d’un hospice de vieillards de Haarlem, de 1664, sont sombres et graves. Il mourut en 1666.
Après sa mort, il tomba en partie dans l’oubli. Au XIXe siècle, il fut redécouvert par des critiques et des peintres. Manet fut marqué par sa touche libre, et Vincent van Gogh écrivit avec admiration qu’il employait vingt-sept noirs différents. Hals est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands portraitistes du Siècle d’or.