May Morris

La maîtresse de la broderie.
May Morris, fille de William Morris, a dirigé l’atelier de broderie de la firme de son père et a été designer, conférencière et auteure.
May Morris est née en 1862 à Red House, à Bexleyheath, fille cadette de William et Jane Morris. Elle a grandi parmi les artistes et les artisans et a appris à broder dès l’enfance auprès de sa mère et de sa tante. Elle a ensuite étudié à l’école d’art de South Kensington, à Londres.
En 1885, à 23 ans seulement, elle a pris la responsabilité de l’atelier de broderie de la firme paternelle, Morris & Co. Elle dessinait elle-même les motifs, dirigeait les travaux de broderie et vendait aussi bien des pièces terminées que des kits que les clientes pouvaient broder chez elles. Elle a aussi dessiné des papiers peints, et le papier peint Honeysuckle, de 1883, lui est généralement attribué, même s’il a longtemps été considéré à tort comme une œuvre de son père.
Ses broderies reposent sur des végétaux sinueux, des fleurs et des oiseaux, et elle connaissait très bien les techniques de points historiques. En 1893, elle a publié le manuel Decorative Needlework. Elle a donné des conférences sur la broderie et les bijoux, notamment lors d’un voyage aux États-Unis en 1909–10, et a réalisé ses propres bijoux. Elle a participé en 1907 à la fondation de la Women’s Guild of Arts, car les femmes ne pouvaient pas devenir membres de l’Art Workers’ Guild, réservée aux hommes.
Dans sa vie privée, elle a entretenu une étroite amitié avec George Bernard Shaw. En 1890, elle a épousé le socialiste Henry Halliday Sparling, mais le mariage a été dissous au bout de quelques années. Elle partageait l’engagement politique de son père et militait dans le mouvement socialiste. Après la mort de son père, elle a édité ses œuvres complètes en 24 volumes, parus en 1910–15, et en a écrit les introductions, qui sont des sources importantes sur sa vie.
Elle a passé ses dernières années à Kelmscott Manor et est morte en 1938. Longtemps éclipsée par son célèbre père, elle a été mise en valeur comme designer à part entière par une grande exposition à la William Morris Gallery en 2017. On voit aujourd’hui en elle l’une des plus importantes brodeuses de son temps et une des premières à défendre la place des femmes dans les arts décoratifs.