Charlotte Perriand

La créatrice de mobilier du modernisme.
Charlotte Perriand a dessiné des meubles en tube d’acier avec Le Corbusier, puis a fait évoluer son style au Japon avec le bois et le bambou.
Charlotte Perriand est née en 1903 à Paris. De 1920 à 1925, elle a étudié l’architecture intérieure dans une école d’arts décoratifs. En 1927, elle a présenté au Salon d’automne un Bar sous le toit, un intérieur meublé en métal nickelé et en aluminium, inspiré par l’automobile et la machine. La même année, elle a demandé du travail à Le Corbusier qui, selon son propre récit, l’a d’abord éconduite en lui lançant qu’on ne brodait pas de coussins chez lui, avant de l’engager après avoir vu l’exposition.
Pendant dix ans, elle a été responsable du mobilier dans l’atelier de Le Corbusier. Avec lui et Pierre Jeanneret, elle a dessiné en 1928 la chaise longue en tube d’acier, le fauteuil Grand Confort et d’autres meubles devenus des classiques. Ces meubles ont longtemps été attribués avant tout à Le Corbusier, et son rôle décisif n’a été reconnu que plus tard. Engagée à gauche, elle voulait concevoir des logements et des meubles pour tous.
En 1940, elle a été invitée au Japon comme conseillère en design industriel auprès du gouvernement japonais. Elle a parcouru le pays, s’est initiée à l’artisanat japonais, au bambou, au bois et à la paille, et a organisé en 1941 une exposition à Tokyo. Pendant la guerre, elle s’est retrouvée en Indochine, l’actuel Viêt Nam, où elle s’est mariée et a eu une fille. La rencontre avec le Japon a infléchi son style vers des formes plus douces et des matériaux naturels.
Après la guerre, elle a conçu des meubles avec, entre autres, Jean Prouvé, comme la bibliothèque Nuage, et a réalisé des aménagements pour Air France et pour des logements. Passionnée de montagne, elle a dirigé à partir des années 1960 la conception de la station de ski des Arcs, en Savoie, où elle a dessiné des appartements compacts ouverts sur le paysage. Elle a longtemps travaillé avec le Japon et a réalisé en 1993 une maison de thé pour l’Unesco à Paris.
Perriand est morte en 1999. Ses mémoires avaient paru l’année précédente. De grandes expositions au Centre Pompidou en 2005 et à la Fondation Louis Vuitton en 2019 l’ont imposée comme l’une des grandes créatrices du XXe siècle. Nombre de ses meubles sont toujours fabriqués.