Uemura Shōen

La première femme maître du nihonga.
Uemura Shōen a peint des femmes en kimono, les bijinga, d’un point de vue féminin, et a été la première femme à recevoir l’ordre de la Culture.
Uemura Shōen est née en 1875 à Kyoto. Son père est mort avant sa naissance, et sa mère tenait seule une boutique de thé tout en élevant ses filles. La mère a soutenu l’intérêt de sa fille pour l’art, ce qui était rare pour une fille à l’époque. Shōen a commencé à étudier la peinture à douze ans, d’abord auprès de Suzuki Shōnen, puis de Kōno Bairei et de Takeuchi Seihō, peintres de premier plan à Kyoto.
Dès 1890, à quinze ans seulement, elle a reçu un prix à une exposition industrielle nationale pour une image de femmes au fil des quatre saisons. Elle a ensuite participé régulièrement aux grandes expositions officielles et a été l’une des rares femmes à réussir dans un monde de l’art dominé par les hommes. Elle s’est spécialisée dans les bijinga, images de belles femmes, mais voulait montrer les femmes avec dignité et force intérieure plutôt que comme objets du regard masculin.
Parmi ses œuvres les plus célèbres figurent Flamme, de 1918, qui montre une femme jalouse tirée du Dit du Genji et se trouve au Musée national de Tokyo, et Jo-no-mai, de 1936, une jeune femme qui exécute l’ouverture d’une danse de nō, propriété de l’université des arts de Tokyo et classée bien culturel important. Sa technique repose sur des lignes très fines et sûres, des motifs de kimono minutieusement étudiés et des pigments minéraux vifs sur soie.
La vie privée de Shōen était peu conventionnelle. Elle a eu en 1902, hors mariage, un fils, Uemura Shōkō, devenu lui aussi peintre, et elle ne s’est jamais mariée. Elle a travaillé avec discipline toute sa vie et a écrit des essais sur son art. En 1948, elle a été la première femme à recevoir l’ordre de la Culture, la plus haute distinction culturelle du Japon.
Elle est morte en 1949. Son fils et son petit-fils, Uemura Atsushi, ont perpétué la tradition artistique de la famille, et le musée Shōhaku de Nara présente des œuvres des trois générations. On voit aujourd’hui en Shōen une pionnière pour les femmes artistes au Japon et l’un des plus grands maîtres du nihonga.