Guerrier haniwa

Guerrier haniwa
Kakidai, CC BY-SA 4.0

Un guerrier en armure portant une épée, conçu pour se dresser sur un tumulus funéraire. Les haniwa protégeaient le défunt et manifestaient sa puissance.

Les simples trous des yeux et de la bouche donnent à la figure une expression presque moderne.

Les haniwa sont des figures en terre cuite qu'on plaçait sur et autour des tumulus funéraires pendant la période Kofun au Japon, environ du IIIe au VIIe siècle. Le mot signifie à peu près « cercles d'argile ». Les premiers haniwa étaient de simples cylindres disposés en rangées autour des tumulus. Avec le temps, on s'est mis à fabriquer des figures représentant des maisons, des animaux, des bateaux et des êtres humains.

Le guerrier présenté ici date du VIe siècle et a été découvert dans la préfecture de Gunma, au nord-ouest de Tokyo. Il mesure environ 130 centimètres de haut et appartient au Musée national de Tokyo, où il est classé trésor national. Il porte un casque à couvre-nuque et une armure de plaques métalliques soigneusement reproduite dans l'argile. Il a une épée à la hanche et des protections aux avant-bras. Il tient un arc à la main.

Le personnage se tient droit, le corps symétrique et immobile. Le visage présente de simples trous découpés pour les yeux et la bouche, et le nez forme une petite arête. Malgré cette simplicité, les détails de l'armure donnent une idée précise de l'apparence des guerriers japonais il y a environ 1 500 ans. Le casque, l'armure et les armes correspondent à de véritables armures retrouvées dans des tombes de la même époque : la figure reproduit donc un équipement réel.

La figure a été montée avec des colombins sur une base creuse, un peu comme un récipient en céramique. La partie inférieure est un cylindre qu'on pouvait enfoncer dans le sol du tumulus. Les détails ont été modelés et découpés avant la cuisson. Des analyses ont révélé des traces de couleur : la figure était à l'origine peinte. Les haniwa étaient produits en grandes quantités dans des ateliers spécialisés, et un seul grand tumulus pouvait en compter des milliers.

Les haniwa avaient probablement plusieurs fonctions. Ils marquaient la limite de la tombe, protégeaient le défunt et montraient sa puissance et sa suite. Une ancienne chronique japonaise raconte que les haniwa ont été introduits pour remplacer les personnes qui, sans cela, auraient été enterrées avec un souverain, mais ce récit est considéré comme une légende sans fondement historique.

La période Kofun tient son nom des grands tumulus, les kofun, qui étaient construits pour l'élite. Certains comptent parmi les plus grands monuments funéraires du monde et ont, vus d'en haut, la forme d'un trou de serrure. Les figures haniwa apportent des connaissances importantes sur cette époque, pour laquelle les sources écrites sont rares.

À l'époque moderne, les haniwa ont été appréciés pour leurs formes simples et expressives. Des artistes et des designers s'en sont inspirés, et ils sont devenus des figures populaires de la culture pop japonaise. Le guerrier de Gunma a été le premier haniwa classé trésor national et compte parmi les plus célèbres.