Temple de la Concorde
Dans la Vallée des Temples, aux portes d'Agrigente, se dresse l'un des temples grecs les mieux conservés qui soient. Il doit sa survie à sa transformation en église au VIe siècle. C'est un édifice dorique calme et régulier, de six colonnes sur treize.
La cité grecque d'Akragas, l'actuelle Agrigente, fut fondée vers 580 av. J.-C. et devint l'une des plus riches colonies de Sicile. Le long d'une crête au sud de la ville, ses habitants élevèrent une série de temples aux VIe et Ve siècles av. J.-C. Celui que l'on appelle temple de la Concorde fut construit vers 440–430 av. J.-C. On ignore à quelle divinité il était consacré. Son nom vient d'une inscription latine découverte à proximité au XVIe siècle, qui n'a en réalité aucun lien avec le temple. L'édifice est en calcaire local, à l'origine recouvert de stuc blanc et peint.
C'est un temple dorique régulier, avec six colonnes sur les petits côtés et treize sur les longs côtés, posé sur un haut soubassement à quatre degrés. À l'intérieur se trouve une cella précédée d'un pronaos et suivie d'un opisthodome. Les colonnes sont légèrement inclinées et présentent un léger renflement, et les colonnes d'angle sont plus rapprochées, comme au Parthénon. Ce qui rend le temple unique, c'est l'ampleur de ce qui subsiste : toute la colonnade, l'architrave, les frontons et les murs de la cella. Ces murs sont toutefois percés d'arcades taillées lors de la transformation du temple en église.
Vers 597, l'évêque Grégoire d'Agrigente fit consacrer le temple comme église dédiée aux apôtres Pierre et Paul. Les murs de la cella furent ouverts vers les colonnes pour créer des bas-côtés, et les entrecolonnements furent murés. Devenu église, l'édifice traversa le Moyen Âge, tandis que les autres temples de la vallée servaient de carrières. En 1748, il fut rendu à son état de temple antique. La Vallée des Temples a été inscrite au patrimoine mondial en 1997. Le temple de la Concorde offre une image exceptionnellement complète d'un temple dorique et sert souvent de référence pour l'étude de temples plus ruinés.