Cathédrale de Reims

C'est ici que les rois de France furent sacrés pendant près de six siècles. La façade occidentale foisonne de sculptures, dont la plus célèbre est l'Ange au sourire, et les tympans des portails sont remplacés par des vitraux. Gravement endommagée pendant la Première Guerre mondiale, la cathédrale devint un symbole des destructions.
La cathédrale précédente brûla en 1210, et la première pierre de la nouvelle fut posée en 1211. D'après le labyrinthe qui ornait autrefois le dallage, Jean d'Orbais en fut le premier maître d'œuvre, suivi de Jean le Loup, Gaucher de Reims et Bernard de Soissons. Le chœur était achevé dans les années 1240, et les travaux de la nef et de la façade occidentale se poursuivirent pendant le reste du XIIIe siècle et jusqu'au XIVe. Les tours n'atteignirent leur hauteur actuelle qu'au XVe siècle. Dédiée à Marie, la cathédrale était le lieu où les rois de France étaient oints et couronnés, car Clovis avait, selon la tradition, été baptisé à Reims vers 500.
La façade occidentale est l'une des plus riches du gothique, avec plusieurs milliers de sculptures. Au lieu de tympans de pierre au-dessus des portails, Reims a des verrières, si bien que la façade est ajourée. Parmi les figures des portails se trouve l'Ange au sourire, à l'expression douce et personnelle, une nouveauté dans la sculpture. En haut de la façade se dresse une galerie de rois. Le revers du mur occidental est lui aussi couvert de sculptures dans des niches. Reims fut la première grande cathédrale dont les fenêtres reçurent des remplages, c'est-à-dire un ornement de fines tiges de pierre divisant la baie, un procédé qui se répandit dans toute l'Europe. La nef s'élève à environ 38 mètres.
Pendant la Première Guerre mondiale, la cathédrale fut bombardée par l'artillerie allemande, et en septembre 1914 la toiture et les échafaudages brûlèrent. Les images de la cathédrale en flammes firent le tour du monde. La restauration dura des décennies et fut en partie financée par la famille Rockefeller. La toiture reçut une nouvelle charpente en béton. En 1974, Marc Chagall réalisa de nouveaux vitraux pour le chœur. La cathédrale a été inscrite au patrimoine mondial en 1991, avec le palais archiépiscopal et l'abbatiale Saint-Remi. Elle est un lieu de mémoire de l'histoire de France et de l'œuvre de paix après les guerres mondiales.