Tracey Emin

L’artiste de la confession.
Tracey Emin s’est fait connaître avec My Bed, son lit défait. Ses œuvres sont personnelles, crues et confessionnelles.
Tracey Emin est née en 1963 à Londres et a grandi dans la station balnéaire de Margate, dans le Kent, avec un frère jumeau. Son père était chypriote turc. Son enfance a été difficile et pauvre, et elle a parlé ouvertement des abus qu’elle a subis adolescente. Elle a étudié la mode à Medway, la gravure au Maidstone College of Art, puis la peinture au Royal College of Art de Londres, dont elle est sortie diplômée en 1989.
Après deux avortements au début des années 1990, elle a détruit ses tableaux et tout recommencé. Elle a fait partie du groupe des Young British Artists. L’œuvre Everyone I Have Ever Slept With 1963–1995 était une tente sur laquelle elle avait brodé les noms de toutes les personnes avec qui elle avait partagé un lit, y compris des membres de sa famille et deux fœtus. Elle a été détruite dans l’incendie d’un entrepôt en 2004.
Son œuvre la plus célèbre est My Bed, de 1998 : son propre lit défait, aux draps froissés, entouré de bouteilles vides, de mégots et de culottes usagées, après une période de dépression. Exposée à la Tate Gallery dans le cadre du prix Turner en 1999, elle a suscité un immense débat sur ce qu’est l’art. Le lit a été vendu en 2014 et est depuis prêté à la Tate.
Emin a travaillé dans de nombreuses techniques : enseignes au néon reprenant sa propre écriture, couvertures en patchwork brodées, film, dessin, monotype et, ces dernières années, une peinture expressive fortement influencée par Edvard Munch. En 2020–2021, ses tableaux ont été exposés aux côtés de ceux de Munch, notamment au musée Munch d’Oslo. Elle a représenté la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise en 2007 et est devenue professeure de dessin à la Royal Academy.
En 2020, elle a eu un cancer et a subi une lourde opération, une expérience qu’elle a représentée dans son art. Elle est retournée vivre à Margate, où elle a fondé une école-atelier pour jeunes artistes. Elle a été anoblie en 2024. Emin a fait de l’autobiographie et de la confession une composante centrale de l’art contemporain.