John Everett Millais

Le virtuose technique des préraphaélites.
John Everett Millais peignit Ophélie flottant dans un ruisseau parmi des fleurs d’une exactitude botanique. Il devint ensuite un portraitiste à succès.
John Everett Millais naquit en 1829 à Southampton. Sa famille, aisée, était originaire de Jersey. Enfant prodige, il devint à onze ans le plus jeune élève jamais admis à l’école de la Royal Academy. Il y rencontra William Holman Hunt et Dante Gabriel Rossetti, et ils fondèrent ensemble en 1848 la confrérie préraphaélite.
Les premières œuvres de Millais furent vivement critiquées. Le Christ dans la maison de ses parents (1849-1850), à la Tate, montre la Sainte Famille comme une simple famille d’artisans dans un atelier de menuisier, de la sciure sur le sol. L’écrivain Charles Dickens signa l’une des attaques les plus célèbres contre le tableau. Le critique John Ruskin, en revanche, prit la défense des préraphaélites.
Son œuvre la plus célèbre est Ophélie (1851-1852), à la Tate. Elle montre l’Ophélie de Shakespeare flottant dans un ruisseau juste avant de se noyer. Il peignit le paysage en plein air au bord d’une rivière du Surrey pendant des mois, fleur après fleur, puis fit poser son modèle, Elizabeth Siddal, dans une baignoire remplie d’eau à l’atelier. Les préraphaélites peignaient avec des couleurs vives sur un fond blanc humide, ce qui donne à leurs tableaux leur éclat lumineux.
En 1853, Millais peignit un portrait de Ruskin en Écosse. Au cours du voyage, il tomba amoureux d’Effie Gray, l’épouse de Ruskin. Le mariage de celle-ci avec Ruskin fut annulé en 1854 parce qu’il n’avait jamais été consommé, et elle épousa Millais en 1855. Ils eurent huit enfants. Pour faire vivre sa famille, Millais adopta un style plus libre et plus commercial. Il peignit des portraits, des scènes historiques et des images d’enfants. Bulles de savon (1886) servit à une célèbre publicité pour un savon.
Millais devint l’un des artistes les plus riches de son temps et fut fait baronnet en 1885. En 1896, il devint président de la Royal Academy, mais mourut la même année. Il fut inhumé dans la cathédrale Saint-Paul. Ses premières œuvres préraphaélites sont aujourd’hui considérées comme les plus importantes.