Joshua Reynolds

Le chef de file de l’académie britannique.
Joshua Reynolds fut le premier président de la Royal Academy. Il peignit des portraits dans un « grand style » inspiré de modèles antiques et italiens.
Joshua Reynolds naquit en 1723 à Plympton, dans le Devon. Son père était pasteur et enseignant. À dix-sept ans, il entra en apprentissage chez le portraitiste Thomas Hudson à Londres. L’étape décisive vint en 1749, lorsqu’il put embarquer sur un navire de guerre à destination de la Méditerranée. Il resta environ trois ans en Italie et étudia Raphaël, Michel-Ange et les maîtres vénitiens. C’est là aussi que commencèrent ses problèmes d’audition ; il dut plus tard se servir d’un cornet acoustique.
De retour à Londres, il s’imposa avec un portrait en pied de son ami le commodore Augustus Keppel (1752-1753), qui le montre marchant sur un rivage battu par la tempête. Le tableau se trouve au National Maritime Museum de Greenwich. Reynolds devint bientôt le premier portraitiste d’Angleterre. À la fondation de la Royal Academy en 1768, il en fut élu premier président et fut anobli l’année suivante. Parmi ses œuvres les plus célèbres figure Mrs Siddons en muse tragique (1784), aujourd’hui à la Huntington Library en Californie.
Reynolds voulait élever le prestige du portrait. Il donnait à ses modèles des poses empruntées aux statues antiques et aux maîtres italiens, ce qu’on appelle le « grand style ». Une aristocrate pouvait être peinte en déesse et un général en héros antique. Dans ses quinze conférences, les Discours sur l’art, il enseignait aux élèves à étudier les maîtres anciens et à rechercher l’universel. Ces discours servirent de texte de référence pour l’enseignement artistique pendant plus d’un siècle. Sur le plan technique, il expérimenta beaucoup, et nombre de ses tableaux se sont malheureusement craquelés ou ont pâli.
Reynolds ne se maria jamais. Sa sœur tint longtemps sa maison. Figure centrale de la vie intellectuelle londonienne, il fonda un club avec des amis comme l’écrivain Samuel Johnson. Il passait pour un homme sage et diplomate, mais sa rivalité avec Gainsborough était notoire. En 1789, il perdit la vue d’un œil et cessa de peindre. Il mourut en 1792 et fut inhumé dans la cathédrale Saint-Paul.
Reynolds façonna l’institution artistique britannique. Tous n’étaient pas conquis : William Blake annota rageusement ses discours, et les préraphaélites le surnommaient par dérision « Sir Sloshua ». Ses portraits sont pourtant présents dans toutes les grandes collections britanniques.