Shitao

L’individualiste qui a écrit sa propre méthode.
Shitao, lui aussi de lignée Ming, est devenu l’un des peintres les plus libres des Qing. Il a écrit que la seule règle est de n’avoir aucune règle.
Shitao est né en 1642 près de Guilin, dans le sud de la Chine, sous le nom de Zhu Ruoji. Comme Bada Shanren, il descendait de la famille impériale des Ming. À la chute de la dynastie, son père a été tué dans des luttes de pouvoir, et le petit garçon a été sauvé par un serviteur qui l’a conduit dans un temple bouddhiste. Il a grandi comme moine et a reçu le nom de Shitao, qui signifie à peu près « Vague de pierre ».
Il a mené une vie errante. Il a longtemps séjourné à Xuancheng et dans les monts Huangshan, qu’il a peints à de nombreuses reprises, puis à Nankin et à Pékin. En 1684 et en 1689, il a rencontré l’empereur Qing Kangxi lors des voyages de celui-ci vers le sud, ce qui a été interprété comme une tentative de s’assurer une protection. Durant ses dernières années, il s’est établi à Yangzhou, a quitté la vie monastique et a vécu de son art.
Shitao est connu pour le texte Propos sur la peinture, où il développe l’idée de « l’unique trait de pinceau » comme fondement de tout. Il a critiqué les peintres qui se contentaient de copier les maîtres anciens et a écrit que la méthode suprême consiste à n’avoir aucune méthode fixe. Ses propres œuvres sont très variées : paysages audacieux aux couleurs vives, points et tourbillons, gros plans de fleurs et de bambous, et compositions expérimentales. Une œuvre connue est Rechercher des pics étranges pour en faire des esquisses, de 1691, au musée du Palais à Pékin.
Shitao est considéré comme l’un des peintres les plus originaux de l’histoire chinoise. Il a inspiré les excentriques de Yangzhou et les modernistes du XXe siècle, et Zhang Daqian a contrefait ses œuvres avec tant d’habileté que des experts s’y sont laissé prendre. On voit aujourd’hui souvent en lui un précurseur de l’idée de l’artiste comme créateur libre.