Jan van Eyck

Le maître qui porta la peinture à l’huile à la perfection.
Jan van Eyck fut peintre de la cour de Bourgogne et travailla à Bruges. Ses couches de peinture à l’huile translucide donnaient un éclat et une richesse de détails jamais vus auparavant.
Jan van Eyck naquit vers 1390, probablement à Maaseik, dans l’actuelle Belgique. On sait peu de chose de sa formation, mais il était déjà un artiste établi lorsqu’il travailla au début des années 1420 pour le comte de Hollande à La Haye. À partir de 1425, il fut peintre et valet de chambre de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, l’un des princes les plus riches d’Europe. Il servit aussi de diplomate et accomplit des missions secrètes. En 1428-1429, il accompagna une ambassade au Portugal pour peindre la future duchesse, Isabelle. Vers 1430, il s’établit dans la ville marchande de Bruges.
Son œuvre la plus célèbre est le retable de Gand, ou L’Adoration de l’Agneau mystique, à la cathédrale Saint-Bavon de Gand. Il fut achevé en 1432. Une inscription indique qu’il fut commencé par son frère Hubert et terminé par Jan, mais la répartition du travail est discutée. Le retable a connu un destin mouvementé. Il a été pillé par Napoléon comme par les nazis, et l’un des panneaux, Les Juges intègres, volé en 1934, n’a jamais été retrouvé. Parmi ses autres chefs-d’œuvre figurent Les Époux Arnolfini, de 1434, à la National Gallery de Londres, La Vierge du chancelier Rolin au Louvre et La Vierge au chanoine Van der Paele à Bruges.
Van Eyck n’inventa pas la peinture à l’huile, comme Vasari le prétendit plus tard, mais il la porta à la perfection. Il construisait l’image par fines couches translucides que la lumière traverse avant d’être renvoyée. Il en résulte un éclat et une netteté de détail que personne n’avait atteints auparavant. On distingue chaque cheveu, l’éclat des pierres précieuses et les reflets sur le métal. Dans le portrait des Arnolfini, la pièce se reflète dans un miroir convexe accroché au mur du fond, au-dessus duquel il a écrit « Jan van Eyck fut ici 1434 ».
Il signait souvent ses œuvres, parfois avec la devise « Als ich can », « du mieux que je peux », un jeu de mots sur son nom. L’Homme au turban rouge de Londres pourrait être un autoportrait, et il peignit aussi son épouse, Margareta. Il mourut à Bruges en 1441.
Van Eyck posa les fondements de la peinture flamande. Sa technique et sa manière de rendre le monde visible jusque dans ses moindres détails influencèrent les artistes de toute l’Europe, y compris en Italie.