Joseph Maria Olbrich

Élève d’Otto Wagner, Olbrich a conçu le pavillon de la Sécession à Vienne. Il s’est ensuite installé à Darmstadt, où il a conçu la colonie d’artistes de la Mathildenhöhe.
Joseph Maria Olbrich est né en 1867 à Troppau, aujourd’hui Opava en République tchèque, qui appartenait alors à l’Autriche-Hongrie. Il a étudié à l’école professionnelle d’État de Vienne, puis à l’Académie des beaux-arts de Vienne, où il a obtenu le prix de Rome, qui lui a permis de voyager en Italie et en Afrique du Nord. À son retour, il est entré chez Otto Wagner, qui concevait le nouveau métropolitain de Vienne, et Olbrich a travaillé sur des stations et des détails. En 1897, il a été l’un des fondateurs de la Sécession viennoise, le groupe d’artistes qui a rompu avec l’art académique officiel pour créer un art nouveau pour une époque nouvelle. Parmi les fondateurs figuraient aussi le peintre Gustav Klimt et l’architecte Josef Hoffmann.
Olbrich a conçu le pavillon d’exposition de la Sécession à Vienne, en 1897–1898, avec des volumes blancs simples et une coupole de feuilles de laurier dorées en fer forgé. L’édifice est devenu un manifeste du nouveau mouvement. En 1899, il a été appelé à Darmstadt par le grand-duc Ernest-Louis de Hesse pour diriger une colonie d’artistes sur la colline de la Mathildenhöhe. Il y a conçu le bâtiment d’ateliers Ernst-Ludwig-Haus, les villas des artistes et, quelques années plus tard, le bâtiment d’exposition et la haute tour du Mariage. L’exposition de 1901 présentait des environnements complets où architecture, mobilier et objets étaient conçus ensemble. À la fin de sa vie, il a conçu le grand magasin Tietz à Düsseldorf. Son style allie formes géométriques, ornement et riches effets de matière.
Olbrich est mort en 1908, à seulement quarante ans. Malgré sa brève carrière, il a été l’un des architectes les plus influents des alentours de 1900. Le pavillon de la Sécession et la Mathildenhöhe ont montré comment artistes et architectes pouvaient collaborer à des environnements entiers, une idée qui s’est prolongée dans le Deutscher Werkbund et le Bauhaus. La Mathildenhöhe a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 2021. Dans les pays nordiques, la Sécession viennoise et la colonie de Darmstadt ont influencé le Jugendstil et les arts décoratifs de l’époque, et les architectes et designers suédois suivaient les expositions dans les revues. Le versant géométrique et retenu de son langage formel a aussi servi de passerelle entre le Jugendstil et le premier modernisme, comme chez son contemporain viennois Josef Hoffmann.