Thermes de Caracalla

Thermes de Caracalla, Rome
Ethan Doyle White, CC BY-SA 4.0

Les thermes de l'empereur Caracalla pouvaient accueillir plus d'un millier de baigneurs à la fois. Les ruines restent imposantes : des murs de brique qui portaient jadis les voûtes de salles chaudes, tièdes et froides. Leur plan, fait de grandes salles en enfilade symétrique, a servi de modèle bien plus tard.

Les thermes furent construits entre 212 et 216 apr. J.-C., sous le règne de Caracalla, au sud du centre de la ville. Ils étaient alimentés par une branche particulière de l'aqueduc de l'Aqua Marcia. L'édifice reposait sur une haute plate-forme sous laquelle couraient des galeries pour le personnel, le bois et l'eau. Les murs, à noyau de béton et parement de brique, étaient à l'origine revêtus de marbre, de stuc et de mosaïque. L'ensemble du domaine, avec jardins, bibliothèques et boutiques autour des bains, formait un carré d'environ 300 mètres de côté.

Le bâtiment principal s'ordonnait selon un axe strictement symétrique. Du bain froid, le frigidarium, on passait dans une salle tiède, le tepidarium, puis dans le bain chaud circulaire, le caldarium, d'environ 35 mètres de diamètre et couvert d'une coupole. Les salles étaient chauffées par l'air chaud de foyers, qui circulait dans des vides sous les sols et dans les murs. De chaque côté s'étendait une palestre, une cour destinée au sport et aux jeux. La grande piscine en plein air, la natatio, avait des murs creusés de niches pour des statues. Nombre des célèbres sculptures antiques du Musée archéologique de Naples, dont l'Hercule Farnèse, furent découvertes ici au XVIe siècle.

Les thermes restèrent en service jusqu'au VIe siècle, lorsque les Goths coupèrent les aqueducs. Le complexe tomba ensuite en ruine et servit de carrière. Les ruines inspirèrent plus tard les architectes, et ce plan fait d'une enfilade de grandes salles voûtées servit notamment de modèle au grand hall d'attente de Pennsylvania Station à New York, construit en 1910. Depuis 1937, l'ancien caldarium accueille une scène d'opéra estivale. Les ruines montrent clairement comment le béton et la brique romains permettaient de bâtir de vastes salles sans appuis intérieurs.