Panthéon
Construit comme église dédiée à sainte Geneviève, il est devenu sous la Révolution le temple funéraire de la nation. Soufflot voulait unir la légèreté du gothique et l’ordre de l’Antiquité : un plan en croix avec de fines colonnes et une grande coupole. Voltaire, Rousseau, Victor Hugo et Marie Curie y reposent.
Alors qu’il était gravement malade à Metz en 1744, Louis XV a fait le vœu de bâtir une nouvelle église en l’honneur de sainte Geneviève, patronne de Paris, s’il guérissait. Jacques-Germain Soufflot en a reçu la commande en 1755, et la première pierre a été posée en 1764. Soufflot voulait associer la construction légère et lumineuse du gothique aux ordres antiques, et l’église est devenue l’un des premiers grands chantiers néoclassiques. La structure était audacieuse, et des fissures sont apparues dans les piliers sous la coupole dès le chantier, ce qui a suscité de vives critiques. Soufflot est mort en 1780, et son collaborateur Jean-Baptiste Rondelet a achevé l’église vers 1790. L’édifice est en calcaire, et la pierre a été renforcée par un réseau de barres de fer noyées dans la maçonnerie, une forme précoce de construction armée.
Le plan est une croix grecque aux bras légèrement allongés. Chaque bras est couvert d’une coupole basse, et à la croisée s’élève une grande coupole à trois coques, avec une colonnade autour du tambour, sur le modèle de Saint-Paul de Londres. Les murs intérieurs sont en grande partie portés par des colonnes corinthiennes isolées surmontées d’un entablement droit, qui donnent à l’espace un caractère clair et aéré. Le portique a des colonnes corinthiennes et un fronton qui a reçu dans les années 1830 un relief représentant la Patrie reconnaissante envers les grands hommes. La crypte sous l’église abrite les tombeaux. Les murs intérieurs sont ornés de grandes peintures de la fin du XIXe siècle, notamment de Puvis de Chavannes, qui racontent la vie de sainte Geneviève.
En 1791, l’Assemblée nationale a décidé de faire de l’église un lieu de sépulture pour les grands hommes de la nation, le Panthéon. Les fenêtres basses ont été murées pour donner à l’édifice un aspect plus solennel et plus fermé. Au XIXe siècle, il a plusieurs fois oscillé entre église et panthéon, jusqu’à ce que les funérailles de Victor Hugo en 1885 le rendent définitivement laïque. En 1851, Léon Foucault y a démontré la rotation de la Terre avec son pendule, dont une copie est toujours suspendue. Parmi ceux qui y reposent figurent Voltaire, Rousseau, Victor Hugo, Émile Zola et Marie Curie. Une vaste restauration est en cours depuis les années 2010. Le Panthéon a influencé le néoclassicisme dans toute l’Europe, y compris en Suède, où les modèles français dominaient sous Gustave III et où des architectes comme Louis Jean Desprez travaillaient dans le même esprit.