Centre Pompidou

Deux jeunes architectes ont remporté le concours pour un centre culturel avec une idée : mettre à l’extérieur tout ce que l’on cache d’ordinaire. La structure d’acier, les gaines et l’escalier mécanique sont placés en façade, avec un code couleur selon leur fonction – bleu pour l’air, vert pour l’eau, jaune pour l’électricité. À l’intérieur, les plateaux sont entièrement libres.
À la fin des années 1960, le président de la République Georges Pompidou a lancé l’idée d’un grand centre culturel sur le plateau Beaubourg, un parc de stationnement au cœur de Paris. Il devait accueillir un musée d’art moderne, une bibliothèque publique et un centre de création industrielle, ainsi qu’un institut de recherche musicale. Un concours international a été organisé en 1971 et remporté par les jeunes architectes Renzo Piano et Richard Rogers, associés à Gianfranco Franchini et à des ingénieurs d’Ove Arup, parmi lesquels Peter Rice. Les travaux ont duré de 1972 à 1977, et le centre a été inauguré en janvier 1977, après la mort de Pompidou. La structure est en acier, et les grandes consoles moulées qui portent les poutres, appelées gerberettes, ont été fabriquées en Allemagne.
Le bâtiment est une grande boîte aux plateaux entièrement dépourvus de poteaux, car la structure porteuse, les escaliers, les ascenseurs et les réseaux techniques ont été reportés sur les façades. Côté place, l’escalier mécanique monte en diagonale le long de la façade dans un tube de verre, offrant au visiteur une vue de plus en plus large sur Paris. À l’arrière, côté rue, se trouvent les gaines de ventilation, d’eau et d’électricité, avec un code couleur selon leur fonction : bleu pour l’air, vert pour l’eau, jaune pour l’électricité et rouge pour la circulation, comme les ascenseurs et les escaliers mécaniques. Devant le bâtiment s’étend une place en pente qui descend vers l’entrée et accueille les artistes de rue. À côté se trouve la fontaine Stravinsky, avec des sculptures de Jean Tinguely et de Niki de Saint Phalle.
Le Centre Pompidou a été contesté lors de sa construction, et beaucoup de Parisiens l’appelaient la raffinerie. Mais il est immédiatement devenu très populaire et a accueilli plus de visiteurs que prévu, ce qui a beaucoup usé le bâtiment. Il a été rénové vers 1997–2000 et a fermé en 2025 pour une nouvelle rénovation d’envergure. Le bâtiment a marqué le point de départ de l’architecture dite high-tech, et Piano comme Rogers sont devenus mondialement célèbres. Il existe un lien direct avec la Suède : le premier directeur du musée a été Pontus Hultén, qui avait auparavant développé le Moderna Museet de Stockholm et qui a apporté avec lui l’idée du musée comme lieu de rencontre vivant et ouvert. Ses expositions parisiennes consacrées aux grandes capitales de l’art ont eu un retentissement mondial.