Gustave Courbet

Le champion du réalisme.
Courbet refusait de peindre des anges, puisqu’il n’en avait jamais vu. Il peignit paysans, ouvriers et paysages en format monumental et défia l’Académie.
Gustave Courbet naquit en 1819 à Ornans, en Franche-Comté, dans l’est de la France. Sa famille était composée de cultivateurs aisés. Il arriva à Paris en 1839 pour étudier le droit, mais se consacra plutôt à la peinture. Largement autodidacte, il étudia les maîtres anciens au Louvre, en particulier les Espagnols et les Hollandais. Dans ses premières années, il peignit de nombreux autoportraits où il se mettait en scène amoureux, désespéré ou blessé.
La consécration vint au Salon de 1849, où il obtint une médaille pour L’Après-dînée à Ornans. Au Salon de 1850-1851, il fit scandale avec deux grands tableaux : Les Casseurs de pierres, détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, et Un enterrement à Ornans, aujourd’hui au musée d’Orsay. L’Enterrement montre des obsèques ordinaires en province dans un format jusque-là réservé aux événements historiques et aux scènes religieuses. Les critiques trouvèrent les gens laids et le sujet insignifiant.
Lorsque sa grande œuvre L’Atelier du peintre (1855) fut refusée à l’Exposition universelle de Paris, il ouvrit sa propre exposition dans un baraquement qu’il baptisa le Pavillon du Réalisme. L’Atelier se trouve au musée d’Orsay. Courbet aurait déclaré qu’il ne pouvait pas peindre un ange puisqu’il n’en avait jamais vu. Il peignait ce qu’il voyait : paysans, ouvriers, paysages du Jura, la mer, scènes de chasse et femmes. L’Origine du monde (1866), un sexe féminin vu en gros plan, est aujourd’hui l’une des œuvres les plus commentées du musée d’Orsay.
Courbet peignait en couches épaisses, souvent au couteau, et dans des tons sombres et terreux. Sûr de lui, provocateur et politiquement radical, il était l’ami de l’anarchiste Proudhon. Il prit part à la Commune de Paris en 1871, et les communards abattirent la colonne Vendôme, symbole de Napoléon. Courbet en fut tenu pour responsable, condamné à la prison, puis à payer la reconstruction de la colonne. Il s’enfuit en Suisse en 1873 et y mourut en 1877.
Courbet est la figure de proue du réalisme. Il montra que des gens et des sujets ordinaires pouvaient devenir du grand art, et il ouvrit la voie à Manet et aux impressionnistes. Son idée d’organiser ses propres expositions en dehors des Salons officiels servit de modèle aux avant-gardes ultérieures.