Fresque, tempera et huile – la différence entre les techniques de peinture
La fresque se peint avec des pigments délayés dans l'eau directement dans un enduit de chaux frais, la tempera avec des pigments liés au jaune d'œuf, le plus souvent sur panneau de bois, et la peinture à l'huile avec des pigments dans l'huile de lin. Ces techniques se sont en partie succédé : fresque et tempera dominèrent au Moyen Âge et au début de la Renaissance, l'huile s'imposa aux XVe et XVIe siècles.
Faits
- Fresque: Pigments dans l'eau sur enduit de chaux frais ; murs et plafonds
- Tempera: Pigments au jaune d'œuf ; panneaux de bois, souvent avec feuille d'or
- Huile: Pigments à l'huile de lin ; panneau puis surtout toile à partir du XVIe siècle
- Exemples célèbres: Les fresques de Giotto à Padoue, La Naissance de Vénus de Botticelli, Les Époux Arnolfini de Van Eyck
- Ajout ultérieur: La peinture acrylique, à partir du milieu du XXe siècle
La fresque : peinte dans le mur
Le mot fresque vient de l'italien fresco, frais. Dans la vraie fresque, buon fresco, le peintre étale une fine couche d'enduit de chaux frais et y peint directement avec des pigments délayés dans l'eau. En séchant, l'enduit fixe chimiquement la couleur dans le mur. La fresque est donc très durable, mais elle exige de la rapidité : on n'enduit que ce que l'on peut peindre dans la journée, la giornata, et les raccords se voient parfois.
Giotto peignit les fresques de la chapelle des Scrovegni à Padoue au début du XIVe siècle, dont La Déploration du Christ. Michel-Ange peignit à fresque le plafond de la chapelle Sixtine en 1508–1512, avec La Création d'Adam en son centre. La peinture sur enduit sec, a secco, est plus facile mais s'écaille plus volontiers.
L'expérience manquée de Léonard
La Cène de Milan ressemble à une fresque mais n'en est pas une. Léonard de Vinci voulait travailler lentement, reprendre et construire des transitions douces, ce que la vraie fresque ne permet pas. Il peignit donc à la tempera et à l'huile sur enduit sec.
La couleur adhéra mal, et quelques décennies seulement après l'achèvement du tableau, à la fin des années 1490, elle commença à s'écailler. L'œuvre a été restaurée à maintes reprises. L'exemple montre pourquoi la technique compte : elle détermine non seulement l'aspect d'une image mais aussi sa durée de vie.
La tempera : l'œuf et l'or
Dans la peinture a tempera, les pigments sont liés au jaune d'œuf, parfois dilué à l'eau. La couleur sèche vite et ne peut pas être fondue sur la surface ; le peintre construit donc les formes par couches minces et fines hachures parallèles. La surface devient mate, claire et très durable.
Au Moyen Âge et au début de la Renaissance, les retables étaient peints à la tempera sur des panneaux de bois préparés à la craie et à la colle. Les fonds et les auréoles étaient souvent posés à la feuille d'or. Duccio et Cimabue peignaient ainsi, et La Naissance de Vénus de Botticelli est une tempera, exceptionnellement sur toile.
L'huile : profondeur et éclat
La peinture à l'huile, aux pigments liés à l'huile de lin, sèche lentement. Elle permet de fondre les couleurs directement sur la surface, de reprendre et de superposer de fines couches transparentes, les glacis, de sorte que la lumière semble venir de l'intérieur du tableau. Jan van Eyck n'inventa pas la peinture à l'huile, mais il la perfectionna en Flandre dans les années 1430, comme dans Les Époux Arnolfini de 1434.
La technique gagna l'Italie, où les peintres vénitiens comme Titien se mirent à peindre sur toile plutôt que sur bois. La toile était plus légère et pouvait être très grande. Plus tard, Rembrandt posa la couleur en épaisseur, ce qu'on appelle l'empâtement, et au XIXe siècle la peinture en tube permit de peindre à l'huile en plein air.
Comment les distinguer en pratique
Si l'image est directement sur un mur ou un plafond et que la surface est mate et un peu crayeuse, c'est sans doute une fresque. Si c'est un panneau peint du Moyen Âge ou du début du XVe siècle, aux couleurs claires et plates, avec de fines hachures dans les ombres et de l'or dans le fond, c'est probablement une tempera.
Si l'image a des couleurs profondes et saturées, des transitions douces, des zones sombres brillantes et un réseau de fines fissures, le craquelé, c'est probablement de l'huile. Le cartel du musée indique souvent la technique, et d'autres exemples figurent dans la section Regarder l'art : les techniques.
Comment distinguer les techniques
- Fresque : sur mur ou plafond, surface mate et crayeuse, raccords de journée parfois visibles
- Tempera : panneau de bois, couleurs claires et plates, fines hachures parallèles
- Tempera : souvent de la feuille d'or dans les fonds et les auréoles
- Huile : couleurs profondes et saturées, transitions douces
- Huile : glacis transparents ou empâtements épais
- Huile : souvent un craquelé, réseau de fines fissures en surface
Exercice
Pourquoi La Cène de Léonard est-elle si gravement endommagée ?
- Elle fut peinte en vraie fresque par un temps trop froid
- Elle fut peinte à la tempera et à l'huile sur enduit sec au lieu de l'être dans l'enduit frais
- Elle fut peinte sur un panneau de bois qui a pourri
- Giotto
- La Déploration du Christ
- Michel-Ange
- La Création d'Adam
- La Cène
- Léonard de Vinci
- Duccio
- Cimabue
- La Naissance de Vénus
- Botticelli
- Jan van Eyck
- Les Époux Arnolfini
- Titien
- Rembrandt
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